La mesure de la croissance fait débat

La mesure de la croissance fait débat

C’est désormais une certitude : la crise sanitaire sans précédent vécue à l’échelle planétaire va durablement affaiblir les économies mondiales. Les experts tablent sur un effondrement du Produit intérieur brut comparable à celui observé lors des grandes crises financières ou militaires du XXe siècle. Mais de quelle croissance parlons-nous ? N’est-il pas temps, à la lumière du confinement mondial, de réviser nos instruments de mesures économiques afin de mieux valoriser ce qui est bon pour l’humain ? C’est ce que propose notamment l’économiste britannique Kate Raworth, avec sa « théorie du donut ». À déguster sans modération !

En temps normal, la nouvelle aurait fait l’effet d’une bombe. Lorsque la Banque de France annonce le vendredi 10 avril que le Produit intérieur brut français a chuté de 6% au premier trimestre, chacun pressent que l’information est grave, mais elle est presque noyée au milieu des bulletins sanitaires quotidiens qui tiennent le décompte macabre de la pandémie du Covid-19. Le ministre de l’économie Bruno Lemaire prévient quant à lui que la France allait connaître la pire récession depuis la seconde guerre mondiale et chiffre à 8% le recul du PIB en 2020 dans l’Hexagone. Le week-end dernier, dans une interview au Figaro, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a relancé le débat de l’après-confinement en invitant les Français à travailler davantage pour rattraper le temps perdu. Cette prise de position n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions, souvent très critiques, à l’image de celle du secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, qui n’hésite pas à la qualifier d’« indécente ».

Manque de discernement

Toute la question est de savoir de quelle croissance on parle. Et c’est là que le PIB ne nous aide pas vraiment à « inventer le monde d’après ». Cet indicateur universel du dynamisme économique repose sur un postulat simple, voire simpliste. Il agrège la somme des valeurs ajoutées produites par les agents économiques à l’échelle d’un pays. Mais il manque cruellement de discernement à l’heure du dérèglement climatique. Plus on consomme de pétrole pour faire rouler les voitures ou voler les avions, et plus le PIB en profite. Plus grave encore, cette approche économique purement quantitative ne prend pas en compte – ou alors de manière imparfaite et biaisée – les externalités positives qui échappent à la sphère marchande mais qui contribuent à l’épanouissement humain. Les applaudissements aux balcons à 20 h pour encourager les soignants sur le front du Covid-19 ne feront pas remonter la courbe du PIB. Ils illustrent pourtant une dimension essentielle en ces temps de confinement : la solidarité.

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